Faire du chemin avec… pour voir où les mondes se touchent

« » Paulette ne marche pas, Paulette trottine. Et quand elle ne trottine pas, elle cale son pas d’éclaireuse sur celui de ses compagnes mal voyantes. Elles forment un petit train : Paulette tient la main d’Yvette et Maryse s’accroche à la veste d’Yvette. »

C’est ainsi que nous avons cheminé depuis 2 ans. En s’accrochant aux branches de notre humanité. Nous savions la délicatesse dont il faudrait faire preuve pour entrer dans un site accueillant un établissement d’hébergement pour personnes âgées, un établissement ou service d’aides par le travail et un foyer d’hébergement. Il a fallu prendre le temps de se rencontrer, dire que non, nous n’étions pas des journalistes, dire aussi que nous arrivions avec une intention de cartographie sensible des lieux et des personnes, mais que rien n’était arrêté. Accepter de ne pas connaître la destination pour laisser advenir les envies, allier les compétences, laisser exprimer les enthousiasmes, mais aussi composer avec les aléas de la crise sanitaire et les résistances. Frapper à la porte avant d’entrer en somme, se découvrir, et donner forme ensemble au chemin parcouru.
Au cours des portes ouvertes du site ADGESSA à Saint-Brice, une installation a pris place au milieu du parc, à la croisée des 3 structures. La jachère et le dessin paysager est le fruit d’une collaboration avec l’atelier des espaces verts de l’ESAT, le mobilier, dessiné par David Gimenez, a été réalisé avec l’atelier bois à partir d’éléments de récupération, les photographies ont été réalisées par Christophe Goussard au cours d’instants partagés sur place mais aussi au-delà.

Quant aux textes, je les ai écrits au cours de mes échanges avec les personnes vivant ou travaillant sur le site. Le tout est traversé par les questions de soin, d’attention, de rapport au vivant, de cycle… (Et je crois bien que cette zone 00, celle d’une vision commune, a touché aux coeurs des protagonistes, des plus enthousiastes au plus sceptiques, mais des familles aussi !) »

Texte écrit par Frédérique Goussard le 19 juin 2022